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Le billet de Marc FAYET :  Quatre Grandeurs et quelques misères


Voici une première partie de saison qui se termine et il est temps de faire un point avant la deuxième partie (la plus conséquente) qui nous attends. Il faut d’abord passer par le championnat de France qui intervient chaque fois comme une heureuse parenthèse car il est comme une réunion de famille. Avant cet intermède tricolore et la désignation de notre nouveau porte-drapeau (Qui aura déjà un nom si vous lisez cette chronique après le 1er Juillet et ce sera peut-être le vôtre… ) Avant et après ce moment glorieux donc, je désirais faire un bref résumé sur ce que nous avons vécu ces 5 derniers mois et pour cela je tenterai de me concentrer sur 5 événements qui se résument à 5 noms. Je ne vais pas les classer dans un ordre particulier de crainte d’afficher mes préférences ou de manifester mes inquiétudes mais les noms, les voici : Bouhanni, Bardet, Alaphilippe, Di Grégorio, Pinot. 4 grands et 1 petit qui tous offrent à leur manière de nombreuses pages à écrire sur les grandeurs et les vicissitudes cyclistes.


Puisqu’il est le premier inscrit, je vais évoquer Nacer Bouhanni qui au travers de sous-entendus le concernant semblait voué aux gémonies, victime d’une sorte de règlement de compte dont personne ne saisissait le motif ni le but et qui était destiné avant tout à abattre un homme qui pourtant se trouvait déjà trop souvent à terre sans le vouloir. Voici un jeune homme qui a su après des mois de doute et probablement de douleurs, mais aussi de colère enfouie, remonter ce qui pouvait ressembler à une forte déprime pour finalement remporter de belles victoires à l’heure où l’on imaginait qu’il n’en serait plus capable. Si certains doutaient qu’on détenait un champion avec le caractère qu’il faut, en voici un qui en apportait la preuve. Pour la première fois de sa vie, il a peut-être tout seul remonté la plus redoutable des pentes, lui qui grimpe si peu.


Romain Bardet mon deuxième cité est notre formidable héros du Tour qui fut d’une régularité exceptionnelle, alors qu’il a pourtant frôlé le pire en se blessant à la suite d’un accident domestique resté encore très secret (Marteau ? Cutter ? Rouleau à pâtisserie ? ) Il s’est permis d’être déjà en forme en début de saison avec une première victoire en guise de test sur les routes de la Classic du Sud Ardèche. Puis, alors qu’on ne l’y attendait pas, il a fait un numéro incroyable aux Strade Bianche avant de confirmer son état de grâce en accédant à la troisième marche d’un Dauphiné de très haute volée. En voilà un qui a su s’imposer des défis à sa main (même blessée) et les relever.


Julian Alaphilippe est notre troisième personnage du quintette, lui le petit puncheur hyperactif à qui on promettait deux classiques taillées pour lui et qui à la différence de nombreux espoirs déçus est parvenu à remporter l’une d’elle. Et pourtant il fallait le voir se battre sur le Paris-Nice quelques semaines plus tôt où il s’écroulait de jour en jour, poussant au plus loin la douleur et s’éloignant autant qu’il pouvait de la voiture médicale alors qu’on l’imaginait sur le point de défaillir. Sa capacité à la lutte pour terminer vidé, rincé, épuisé mais rempli d’une envie de se refaire lui permirent l’exploit belge 38 jours plus tard.


Rémy Di Grégorio est mon quatrième choix. Ce coureur provençal pittoresque et qui aurait pu le rester, malgré sa carrière fort modeste, était la représentation de celui qui se rêvait leader alors qu’il n’avait que l’étoffe d’un grégario, ce qui était pourtant noble, mais le garçon n’a pas compris qui il était, et pas compris ce qu’on attendait de lui. Voilà donc qu’il se vit contraint par sa bêtise manifeste de sortir par la petite porte, si minuscule qu’il s’y cognera en y rentrant pour en sortir bosselé, contusionné et marqué à vie, y laissant en chemin son honneur. Inutile de l’accabler davantage, il s’est chargé lui-même (Pardon pour l’expression) de courir à sa propre perte.


Je terminerai par Thibaud Pinot, admirable coureur à l’étoffe d’un héros contrasté capable du meilleur et du moins meilleur, pour utiliser un euphémisme inhabituel, aussi inattendu que ce qu’il nous a réservé sur le Giro dont il nous paraissait être un protagoniste indiscutable et qui a dévoilé en lui un champion à la psychologie friable au point d’organiser sa dégringolade comme la chute de son hydratation. A l’image des rudes sommets italiens, en voici un qui s’est trouvé en bas, puis en haut, puis en bas, alors qu’il fallait remonter encore une fois en haut. Si on imagine sa déception il doit savoir notre désillusion. Là encore il devra prouver comme ses collègues qu’il aura la capacité qu’il faut pour rattraper ce rendez-vous manqué car comme les autres moins un, c’est un homme de parole et d’actes conscient de ses missions morales et sportives.


De tous ces champions qui de près ou de loin ont approché la catastrophe, la majorité auront droit à une nouvelle chance, car l’homme est faible même lorsqu’il est fort parce qu’il n’est qu’un homme et l’homme est mortel, ce qui en fait sa grandeur lorsqu’il sait transformer sa douleur en exploit et son malheur en victoire.


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