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Dernières actualitésLe billet de Marc Fayet

Le regard et la plume de Marc Fayet

A la tienne Jean-Paul !
Ou
Quand on perd plus qu'un père à Quimper


Il était incomparable, inimitable, inénarrable, inoubliable. Il était aussi Irréductible, incorruptible, inflexible, incompressible. Lui c'était Jean-Paul Waterloos le créateur, le directeur, l'organisateur, le superviseur, l'aiguilleur du Tour du Finistère qu'il avait créé il y a de cela 35 ans dans un bistrot de son quartier de Kerfeunteun en compagnie de quelques amis prêts à relever le défi en même temps que leurs verres. Peut-être que certains dès le lendemain ne se souvenaient plus de la promesse qu'ils s'étaient faites mais pas Jean-Paul, car il faisait partie de ceux qui ont appris une chose de la vie - lui qui était parti de rien - c'est que ce qui est dit est dit, ce qui est décidé ne se remet pas en question. 


Ainsi en compagnie de quelques fidèles trop heureux d'avoir un leader aussi déterminé, il créa de toute pièce son Tour du Finistère dont il s'étonnait toujours que d'autres n'y aient pas pensé avant lui. Il avait pour lui un instinct hors du commun, celui qui permet à l'enfant très tôt abandonné dans un orphelinat de se dire qu'il ne devait compter que sur sa volonté pour aborder l'avenir et montrer à la vie, qui n'avait pas décidé de lui faire de cadeaux, de quoi il était capable. C'est ce parcours exceptionnel, à force de travail, qui lui avait permis de gravir tous les échelons au Crédit Agricole où il avait fait sa carrière. Il représentait une sorte de Roc, pas simplement en raison de son physique qui en faisait un homme aussi large que haut, mais parce qu'il était une sorte de capitaine tenant la barre quel que soit le temps, prêt à subir toutes les tempêtes, toutes les bourrasques, sans que jamais il ne laisse échapper le moindre signe d'énervement, ni la moindre pointe de colère. Tout était rentré en lui, il se débrouillait seul avec les embûches, les tracas, les emmerdes, les contrariétés, les coups bas, les trahisons et ne voulait partager que les espoirs, les réussites aussi infimes soient-elles, de même que les projets réalistes et les ambitions légitimes. Le futur était sa préoccupation de chaque instant, entrecoupé de quelques bons verres avec les copains, parfois même avec ses ennemis, plus souvent avec ses prospects quand il s'était fixé un objectif du genre « Il veut me donner 500, je veux qu'en sortant du café il me promette 1000 ».

Et ce sont ces petites victoires, lui qui était un comptable redoutable, qui lui ont permis de maintenir son épreuve tout en la faisant grandir pas après pas, dans une réflexion toujours raisonnée et constamment humaine car sous ses abords un peu bourrus, il était d'une incroyable sensibilité. Il n'était pas rare que sous son visage placide je ne détecte un flot de sentiments et d'émotions qu'il maintenait sous contrôle en toutes circonstances et mêmes après des heures de palabres arrosées dans son QG installé entre le Zinc et la machine PMU. Il fallait le voir le jour de sa course, peut-être le seul moment où, détendu, il parvenait à devenir spectateur de son triomphe, heureux du devoir accompli, décidé à profiter du spectacle jusqu'au bout et voir tout ce petit monde s'agiter, s'orchestrer, chacun accomplissant scrupuleusement sa tâche sous son regard confiant, puisqu'il avait passé son année à tout faire pour que le moment venu tous sachent ce qu'ils avaient à faire. Voilà un homme qui avait une conviction doublée d'un instinct hors du commun, ainsi que d'une intelligence qu'il savait dissimuler, profitant de son physique rustique et de son vocabulaire sans fioritures pour aller à l'essentiel toujours parce qu'il savait que c'était la meilleure manière d'aller au plus droit dans la tête de ses interlocuteurs pour peut-être avoir accès à leur coeur. C'est comme ça qu'il m'avait cueilli. Il n'y allait jamais par quatre chemins, il disait la chose telle qu'elle était, telle que son esprit l'avait formulé pour être au plus juste de sa sincérité qui était totale et son intégrité qui était complète. C'est ce qui lui permettait de parler à quiconque avec la même authenticité qu'il soit ministre ou ouvrier, qu'il soit champion ou porteur d'eau, qu'il soit patron ou chômeur, qu'il soit homme ou femme, qu'il soit artiste ou notaire. Le fait d'être un humain suffisait à avoir sa considération et il ne voulait s'embarrasser d'aucun faux semblant. Il était un exemple comme on peut admirer un père, lui qui n'en a pas eu ou qu'il n'a pas connu, et qui est devenu le nôtre après avoir été celui de ses enfants qu'il a su si bien guider dans la vie. Nous sommes beaucoup à nous sentir orphelins aujourd'hui après son brutal départ et cet homme qui a pourtant toujours su anticiper, n'avait pas prévu cette sortie-là, pas si vite, pas si tôt, pas si injustement, car il croyait en une forme de destin, ce destin qui avait pris un aspect formidablement concret, celui de son Tour du Finistère qui ne sera plus le même sans lui, mais qui sera toujours à son image. A nous de rester à tes côtés Jean-Paul et pas seulement à la buvette ! C'était ta dernière tournée mon ami, notre ami ! Maintenant c'est la nôtre.

De Marc FAYET, comédien, auteur dramatique et metteur en scène français

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