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Dernières actualitésLe billet de Marc Fayet

Le regard et la plume de Marc Fayet

24h Chronos


Il est un dieu Grec qui a pour nom Chronos, il est maître du temps et de la destinée. C'est lui qui accorde à certains élus, qui ont eu la bonne idée de l'implorer, une certaine forme de clémence qui leur permettrait d'atténuer les ravages des heures et des minutes qui passent inexorablement. C'est lui et seulement lui qui impose et distribue depuis le départ de ce tour de France les secondes de bonifications par l'intermédiaire d'ASO qui est un de ses prestataires, il accorde aussi aux commissaires de l'UCI la gestion des délais et autorise les impondérables aléatoires de la vie dirigés par le DESTIN pour y apporter cette touche absolument imprévisible qui ravissent les spectateurs et traumatisent les coureurs. Chronos était donc à la fête depuis le départ de ce tour de France, lui qui vient de passer plus d'une année et demie à se voir déposséder de son pouvoir tant il fut incapable de définir la durée de la pandémie, comme celle du confinement, déconfinement, reconfinement… etc… C'est pour juger à quel point il dut se sentir impuissant et inutile ! En tant que grand admirateur et collaborateur habituel de Chronos (Je suis toujours à l'heure pour mes rendez-vous) je peux vous affirmer qu'il vécut bien mal ce Chaos d'autant plus que Chaos, toujours dans la mythologie Grecque, est tout simplement son fils avec lequel il eut bien des soucis et tous les pères d'adolescents, savent de quoi il est question. Et je ne vous parle pas d'Ether, son autre fils, dont certains eurent à respirer l'air un peu trop souvent dans les établissements devenus inhospitaliers. Pas étonnant que ce dieu ait trouvé à l'occasion de cette nouvelle édition du tour en période presque normale, un terrain à sa mesure pour démontrer sa force, son pouvoir et à quel point il peut décider du déroulement de la plus grande course du monde. Mais pour une raison inconnue nous devons constater qu'il a réservé un sort bien malfaisant aux Français car beaucoup succombèrent sous son couperet intransigeant. Ainsi son premier éclat se fit lorsqu'il fut le maître suprême entre Changé et Laval le 30 Juin dont il avait le contrôle absolu sur les 27kms que les coureurs devaient accomplir.

Adepte du suspense, il fit croire à Stephan Kung la montre Suisse, qu'il pouvait espérer garder légitimement, eu égard à la tradition de son pays, le chronomètre le plus performant, jusqu'à ce que les deux aiguilles Slovène démontrent que le temps devait se régler sur son fuseau horaire, poussant nos Français à perdre plus d'une minute au mieux (Latour et Alaphilippe) et plus de 5 minutes aux pires (Coquard, Bouhanni, Ellisonde). Chronos avait donc choisis de s'acharner et nous réserver des lendemains bien pénibles pour nous asséner quelques violentes punitions. La plus cruelle se déroula entre Cluses et Tignes et les 37 minutes qu'il imposa comme limite de franchissement de la ligne condamnaient Arnaud Demare, Bryan Coquard et Anthony Delaplace. Si les deux premiers acceptèrent la sentence avec résignation, l'autre était inconsolable, vexé, humilié par un Chronos d'une cruauté inaccoutumée qu'ils avaient pourtant toujours respectés tous trois, eux qui sont des garçons ponctuels. Cette suprématie du mal temporel se manifesta sur divers modes et condamna à la relégation des profondeurs du tableau quelques présomptueux comme Pierre Latour ou Julian Alaphilippe, dont le désintérêt pour le classement général, n'était en fait qu'un aveu d'impuissance face aux décisions formelles du dieu ailé mais pas vraiment aimé. Au moment où la nation française commençait à accepter son triste sort, se disant que cette année ne serait décidément pas la leur, voici que ce dieu facétieux fit un coup d'éclat au moment où l'on s'y attendait le moins. C'était ce fameux Samedi 10 Juillet à la surprise générale, et surtout du principal intéressé, que le dieu qui sait compter accorda à Guillaume Martin, cette opportunité de se placer en dauphin de la montre Slovène, alors qu'il n'avait rien demandé, bien au contraire, il s'était vu et s'était imaginé une sorte de planqué chronométrique, propre à pouvoir saisir la première opportunité qui lui permettrait de s'échapper des fourches du temps afin de glaner une victoire qui le satisferait sans troubler l'ordre établi. Mais Chronos en décida autrement, et à Quillan il sortit le philosophe du bus et du bois pour établir une distance suffisante avec ses prédécesseurs afin de l'installer confortablement à une bien méritoire position. Ainsi une horloge normande avait enfin sa place à la gauche d'un prince Slovène adoubé par le dieu hellène. Ce furent, il faut bien l'admettre, de longues heures d'espérances, de rêves, de fièvres, de commentaires, de projections, mais aussi de mises en gardes, de prédictions définitives.

24 heures de débats, de manifestations admiratives mais aussi de palabres télévisuelles et journalistiques, des milliers de lignes pour célébrer cette félicité, celle de voir un Français occuper la deuxième place de notre tour national. Mais là encore les minutes étaient comptées et satisfait d'avoir distribué ce mirage de joie, voici que Chronos nous sanctionna à nouveau à l'issue de ces 24h frénétiques et réorganisa sa redistribution du temps replaçant Guillaume bien plus loin, là où il se retrouvait 24 heures plus tôt, au rang qu'il a décidé d'accorder à un champion français. Heureusement que le philosophe pédaleur fut assez intelligent pour se préparer à cette déconvenue, car il sait la part fluctuante qui dirige la vie, il en connaît sa fragilité et dont le temps n'est en définitive qu'un élément perturbateur uniquement destiné à effrayer les mortels que nous sommes, jouant de notre peur du lendemain et notre incapacité à vivre le présent. Cette leçon qui n'en est pas une laisse pourtant une place bien précise à ce dieu odieux dont il faudra encore subir les caprices et dont nous boirons le calice jusqu'à la lie, surtout lorsque nous atteindrons Saint Emilion, mais ce sera le moment providentiel où nous le banniront enfin car nous nous remettrons alors uniquement à Bacchus, une divinité Grecque bien plus tolérante, festive et permissive, pour oublier ce dieu du temps dont les heures seront comptées car il ne lui restera que 24 heures à vivre avant de l'abandonner sur les Champs Elysées où il brûlera intensément car en mythologie Grecque l'Elysée c'est tout simplement l'enfer. Enfer pour les dieux, terre promise pour les valeureux.

DeMarc FAYET, comédien, auteur dramatique et metteur en scène français

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