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Le billet de Marc FAYET : Coupe de France Crédit Agricole 2009 

Nous avons vécu cette saison quelque chose de particulièrement  inquiétant qui semble d’emblée nous faire entrer dans une sixième voire une septième dimension. Je veux parler d’une singularité numérique que seule la coupe de France est capable de générer. Je m’explique. En lisant quelques documents officiels j’ai découvert que de Cholet Pays de Loire jusqu’au Tour de Vendée il y avait cette année 11 épreuves de la coupe de France et pourtant !… et pourtant si Cholet Pays de Loire porte le numéro 1 de cette coupe de France le Tour de Vendée portait sur les documents que j’ai lu le numéro 12… 11 courses 12 numéros. D’où vient cette énigme ? Les plus cartésiens me répondront « Espèce de Patate ! C’est parce que le Grand Prix de Rennes a été annulé »
Je veux bien, mais pourquoi préserver un numéro pour une course fantôme ? Si le numéro 12 est gardé c’est qu’on veut continuer à nous faire croire que l’épreuve numéro 2, ce fameux Grand Prix de Rennes qui n’a pas eu lieu, a tout de même eu lieu sans avoir eu lieu !
Alors devant cette existence subliminale, comme si c’était une volonté de ne pas l’effacer de notre esprit, je me suis mis à rêver au déroulement de ce Grand Prix de Rennes 2009 qui n’a pas eu lieu mais qui a tout de même eu lieu… sans avoir eu lieu… et d’en dresser moi-même le scénario. Pour moi voilà comme ça s’est passé.

« C’est un coup fameux, une échappée royale qui s’est dessinée dans les tout derniers kilomètres formée de quelques beaux coureurs et qui réunit : Dimitri Champion, Saïd Haddou, Thomas Voeckler, Jeremy Galand, Mathieu Ladagnous, et Benoit Vaugrenard.
Les voici à 500 mètres de l’arrivée et ils s’observent. Daniel Mangeas ne respire plus que toutes les 4 phrases, le public tape sur les banderoles le long des barrières à s’en faire saigner les mains, Yvon Sanquer posté derrière la ligne, habituellement  rechargé comme une pile électrique ordinaire semble être passé aux piles alcalines. Patrick Chassé et Jacky Durand ont fait leur pari sur le gagnant du jour mais ce sera en vain car aucun des deux ne gagne jamais.
Et David Lappartient le tout nouveau Président de la Fédération attend un autre exploit que le sien, lui qui dans sa dernière course a fait 1, devant Callot 2 et Guimard 3.

300 mètres ! Saïd lève sa grande carcasse et transforme son sourire en grimace il est devant… 250 mètres c’est Thomas qui veut sortir mais Mathieu lui ferme la porte… 200 mètres Benoit est en vitesse de pointe et prend le dessus… 150 mètres et c’est Jeremy, celui qu’on n’attendait pas, qui n’attend plus. 100 mètres voilà Dimitri qui y croit, il n’a jamais cessé d’y croire…  quand tout à coup !… venu de nulle part un homme coupe la ligne et la politesse tel un boulet de canon et de manière magistrale, comme un diable sorti de sa boîte il s’impose devant tous les autres et c’est… Et c’est  Jimmy Casper ! Oh Merde ! Encore lui… c’est sa 4ème épreuve gagnée cette saison ».

Là je suis désolé, je n’ai rien pu faire. Il était vraiment plus fort que toutes nos imaginations cette année. Alors Grand Prix de Rennes ou pas Grand Prix de Rennes, de toute façon il aurait gagné alors !

Mais franchement, on s’y serait crû non ?

Mais essayez vous aussi ! Je vous assure que c’est vachement excitant de remplir les trous laissés par l’histoire. J’ai réussi comme çà en pensée à reconstituer des tas de courses fantômes prenez le grand prix d’Isbergues par exemple qui était cette année à sa 63ème édition et qui a vu Stablinsky, Moncassin et Vasseur y triompher…La course existe depuis 1945 alors j’ai imaginé celle de 44 celle qui n’a pas eu lieu, celle qui n’existe pas. J’y ai distingué d’abord au loin (oui parce qu’il n’y a pas la télé à l’époque.) j’y ai distingué en noir et blanc une sorte de… berger, Puis une espèce de vicomte et comme… une tête de cuir. Les voici en train de se disputer la victoire et ça y est je les reconnais, c’est « Biquet trompe la mort » qui brûle la politesse au « bisontin futé » et à « Fache le Berger de Manosque » Robic, De Gribaldy et Flacheitner pour ne pas les nommer.  Ah ! ça y allait les surnoms, à l’époque. Ça roulait plus lentement mais ça déconnait plus vite.


J’ai imaginé la Polynormande de 79, celle qui n’a pas existé et j’y ai fait gagner tout seul et détaché Jean-François Pescheux juste pour le voir lever les bras autrement que pour gueuler aux motos d’avancer.


Le trophée des Grimpeurs ancienne Polymultipliée qui existe depuis 1913 et j’ai imaginé qu’en 1917 puisque les Français étaient occupés à se faire massacrer sur le chemin des dames, j’ai imaginé Octave Lapize l’emporter car il volait littéralement ce jour là et c’est justement en vol qu’il se fit descendre un 14 Juillet 1917. Tu parles d’un feu d’artifice !
 
C’est formidable de refaire un peu l’histoire allez je m’en avale encore une petite pour la bonne bouche : Paris Camembert en 1940. Ils étaient trois à l’arrivée Vlaemink mais pas Maurice… Lucien. Hendrickx mais pas Jimmy… Marcel et Wagner mais pas Richard… Gustave. Que des artistes quand même et c’est Archambaud que je fais gagner, oui Archambaud Maurice, le coureur de poche, en souvenir de la boutique de cycles qu’il tenait Boulevard Edgar Quinet juste derrière ici à Montparnasse. 


Allez ! Une petite dernière et on va se coucher. La Chateauroux Classic de l’Indre la plus récente des courses. Je vois très bien l’arrivée de l’édition des années 80, l’année que vous voulez entre 80 et 90 on s’en fout, mais qui bien entendu n’a pas eu lieu.
Imaginez ! « Ils sont six aux 500 mètres et on a peine à les distinguer. Daniel Mangeas ne respire plus que toutes les 4 phrases, le public tape sur les banderoles le long des barrières à s’en faire saigner les mains, Yvon Sanquer n’est pas encore un ex ancien futur nouveau directeur Sportif. Patrick Chassé et Jacky Durand jouent encore aux billes dans la cour de l’école et ne gagnent jamais, et David Lappartient qui vient à peine d’intégrer la maternelle préside déjà l’association des anciens de la crèche.
500 mètres de l’arrivée et ils s’observent. Marc Madiot lève sa grande carcasse et transforme son sourire en grimace il est devant, 250 mètres c’est Vincent Lavenu qui veut sortir mais Stéphane Heulot lui ferme la porte, 200 mètres Roger Legeay est en vitesse de pointe et prend le dessus, 150 mètres c’est Eric Boyer celui qu’on n’attendait pas, qui n’attend plus et se poste devant, 100 mètres voilà Jean-René Bernaudeau qui y croit, il n’a jamais cessé d’y croire…  quand tout à coup… Tout à coup ! Venu de nulle part un homme coupe la ligne et la politesse tel un boulet de canon et de manière magistrale, comme un diable sorti de sa boîte, il s’impose devant tous les autres et c’est…  Non c’est pas Jimmy Casper…  ça va bien maintenant ! Non c’est… C’est moi ! Ouais !  »… Ben quoi merde ! On peut rêver, non ?


Enfin ! Quoi qu’il en soit, c’est fou ce qu’on peut gagner comme courses… mentalement, je veux dire ! Et je vous le préconise à vous jeunes coureurs : Rêvez au scénario des courses que vous allez gagner ! Vous allez voir… C’est génial ! ça ne se passe jamais comme on l’avait imaginé.
 

Marc Fayet
Novembre 2009

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